La persécution des fumeurs ne semble pas connaître de limite. Non contents d’imposer une hausse sans précédent des taxes sur le tabac, les pouvoirs publics en France réfléchissent désormais à la possibilité d’interdire aux cinéastes de mettre en scène des personnages en train de fumer.

«Il faut aller au-delà du porte-monnaie (…) en s’intéressant notamment aux incitations culturelles à fumer», a déclaré la sénatrice PS de la Sarthe Nadine Grelet-Certenais dont les propos ont été repérés par Public Sénat. «Je pense par exemple au cinéma qui valorise la pratique. La Ligue contre le cancer démontre dans une étude récente que 70 % des nouveaux films français mettent à l’image au moins une fois une personne en train de fumer. Ça participe peu ou prou à banaliser l’usage, si ce n’est à le promouvoir, auprès des enfants et des adolescents, qui sont les premiers consommateurs de séries et de films, sur internet notamment», ajoute-t-elle, accusant le cinéma de faire de «la publicité détournée pour la consommation de tabac».

En face, la ministre de la Santé a approuvé le discours de sa consœur et annoncé qu’elle prendrait des mesures dans le cadre du second plan national de réduction du tabagisme. «Je ne comprends pas l’importance de la cigarette dans le cinéma français», a-t-elle commenté, précisant qu’il était important de «dénormaliser l’image du tabac dans la société». Agnès Buzyn a dit en avoir parlé en conseil des ministres à Françoise Nyssen, ministre de la Culture. «Je veux qu’on ait une action ferme là-dessus», a-t-elle affirmé.

L’ordre moral étant en marche, nous ne pouvons que vous conseiller de faire des copies des films de Gabin, des chefs d’oeuvre de Verneuil ou des séries d’Olivier Marchal avant que ces derniers ne soient brûlés en place publique pour apologie du tabagisme.

Une source au ministère de la santé a confirmé que les meurtres, viols, assassinats et massacres ne seront pas concernés par cette mesure, la ministre de la santé Angès Buzin étant particulièrement attachée à la liberté d’expression, fondement de la démocratie française, et valeur sacrée au pays des droits de l’homme. On attend de savoir en revanche si des mesures similaires seront prises pour interdire de représenter au grand écran des personnages traversant la rue en dehors des passages piétons, mettent leur doigt dans leur nez ou sortent de table sans avoir demandé la permission.

Crédits photographiques :
salle Madame by MK2 Palais de Tokyo  @eric- garault pour mk2
Pulp Fiction @Miramax Film
Serge  gainsbourg @Ulf Andersen/Getty Images
Jean Gabin @Marcel Dole

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